La Ministre de la Mer et de la Pêche en visite au Guilvinec face à la nouvelle crise pétrolière
Le 27 avril, Catherine Chabaud, Ministre de la Mer et de la Pêche, s’est rendue au port du Guilvinec pour rencontrer les professionnels de la filière. Le secteur traverse une nouvelle crise liée à l’inflation du prix du pétrole, conséquence du conflit au Moyen-Orient. Pendant plus d’une heure, la Ministre a échangé avec les représentants de la profession. « Je suis venue les écouter, parce que, en marge de l’aide d’urgence, l’objectif est aussi d’accélérer sur la décarbonation. Je voulais voir avec eux quel avenir est possible sur le sujet, et ce n’est pas si simple », a expliqué la Ministre.
Des mesures d’urgence mais peu de visibilité
La Ministre a réaffirmé le soutien de l’État aux marins-pêcheurs, avec une aide de 20 centimes par litre d’essence en avril, puis de 30 à 35 centimes en mai. Aucune mesure n’est annoncée pour juin, les décisions dépendront de l’évolution du contexte international. Les premières aides devraient être versées à partir du mois de juin.
Malgré les difficultés rencontrées, aucune autre annonce n’a été faite lors de ces échanges.
« Pour relancer la machine, il faut un déclic. Donnons de quoi travailler à nos pêcheurs et à nos mareyeurs. » David Le Berre, maire de Penmarc’h.
Les maires des quatre ports bigoudens étaient présents, dont David Le Berre, premier édile de Penmarc’h, ainsi que Stéphane Le Doaré, président de la Communauté de communes du Pays Bigouden Sud (CCPBS). « En plus de l’annonce des aides gasoil, les échanges ont porté sur la difficile décarbonation du secteur et la difficulté rencontrée actuellement face aux normes excessives. Pour l’avenir : modernisation de la flottille en la renouvelant, simplification d’un secteur trop normé. Pour relancer la machine, il faut un déclic. Donnons de quoi travailler à nos pêcheurs et à nos mareyeurs » a commenté le maire de Penmarc’h sur sa page Facebook.
Des défis structurels pour la pêche bigoudène
Plusieurs thèmes ont été abordés au cours des échanges : la hausse du prix du pétrole et la recherche de solutions — les perspectives de décarbonation, jugées encore insuffisamment fiables par les professionnels — ainsi que le développement des énergies renouvelables. Les représentants de la filière ont également évoqué la fermeture du Golfe de Gascogne, l’inadaptation des parcs marins et, plus largement, l’ensemble des difficultés auxquelles la pêche est confrontée.
Dans ce contexte déjà tendu, Stéphane Le Doaré a rappelé l’impact du plan de sortie de flotte lié au Brexit, qui entraîne la destruction de vingt-trois chalutiers bigoudens. Cette réduction de flotte provoque une baisse considérable des tonnages et a conduit à une restructuration des ports du territoire.
À l’issue des échanges, la Ministre s’est rendue à la criée, puis dans un magasin de marée avant de visiter le chantier naval Hénaff.
Un secteur économique majeur en danger
La pêche demeure l’un des piliers économiques majeurs du Pays Bigouden. Plusieurs centaines d’emplois sont directement menacés, avec une perte estimée à 30 %. « Le quartier maritime du Guilvinec a déjà payé un lourd tribut » a rappelé le président de la CCPBS.
Les professionnels, comme la jeune génération, expriment leur inquiétude quant à l’avenir de la filière. « Il faut engager une spirale vertueuse et constructive, mener un travail collectif », a indiqué la Ministre. « Je me donne un an pour travailler sur tous ces sujets mais sans rien promettre. »
Photo à la une : Grégory Pennarun, directeur de la criée du Guilvinec ; Catherine Chabaud, Ministre de la Mer et de la Pêche ; Liliana Tanguy, députée et David Le Berre, maire de Penmarc’h.




